An article from Robert West, in « Addiction » (Traduction française)

Robert West, associate editor in chief of the « Addiction » journal, wrote an interesting post regarding the techniques used by the opponents of vaping. It seemed interesting to relay this point of view, in order to better understand and analyse some positions we regularly find in the press and on the social networks.

 

Robert West, éditeur en chef associé de la revue « Addiction », a écrit un article discutant des techniques utilisées par les détracteurs de la vape. Il m’a semblé intéressant pour décoder certaines des positions que l’on lit régulièrement dans la presse et sur les réseaux sociaux.

En voici la traduction

Les cigarettes électroniques : la vraie science, et comment la communiquer avec précision

les cigarettes électroniques sont utilisés par des millions de personnes dans le monde, principalement pourr tenter de réduire leur consommation de tabac ou de cesser complètement de fumer. Les décideurs, les fumeurs, les cliniciens et le public en général ont besoin d’informations précises sur la sécurité et le potentiel de ces outils, utiles pour réduire les taux de tabagisme. Malheureusement, dans certains cas notables, la science est utilisé à mauvais escient, les constatations sont déformées ou mal interprétées. Il est intéressant de noter que, jusqu’à maintenant cette technique semble être principalement (mais pas exclusivement) utilisée par ceux qui sont opposés à la cigarette électronique. La revue Addiction a pour objectif, dans ce débat, de présenter les preuves objectives, quelles que soient leur résultat, et à corriger les tentatives de désinformation. Il convient de démontrer comment la science est utilisée à mauvais escient, afin que les lecteurs puissent être mieux informés pour évaluer ces messages.

L’oubli de quantification : p. ex., déclarer que la vapeur émise par les cigarettes électroniques contient des toxines, donnant l’impression qu’elles sont aussi dangereuses que les cigarettes, sans indiquer que ces concentrations sont généralement inférieures de façon très significative par rapport à la fumée de cigarette.

Les facteurs de confusion et causalité inverse : par ex., en arguant que l’utilisation de e-cigarettes réduit les chances d’arrêt parce que, dans les enquêtes transversales, la prévalence de l’usage de la cigarette électronique est plus élevé chez les fumeurs que pour les ex-fumeurs.

Le tri sélectif des rapports : p. ex., en se concentrant sur des études qui semblent démontrer des effets nocifs tout en ignorant celles qui démontrent l’inverse.

La déformation des résultats : par ex., en prétendant que l’usage de la cigarette électronique est répandu parmi les jeunes en utilisant des données sur la proportion de ceux qui ont déjà essayé (au moins une fois), en créant l’impression fausse qu’ils en sont tous des utilisateurs réguliers.

Le système du deux poids, deux mesures dans ce qui est accepté comme preuve : p. ex., accepter inconditionellement des conclusions d’études qui ont d’importantes limitations lorsque ces études affirment que les cigarettes électroniques causent un dommage, mais la mise en doute d’études faites dans un environnement mieux contrôlé, lorsque ces dernières semblent indiquer une innocuité de la cigarette électronique.

Discréditer la source : p. ex., en faisant valoir que les chercheurs qui ont reçu un appui financier de fabricants de cigarettes électroniques (et même d’entreprises qui ne fabriquent pas de cigarettes électroniques) ne sont pas forcément impartiaux, et que leurs résultats ne sont donc pas dignes de confiance, tout en se présentant soi-même comme n’ayant aucun conflit d’intérêt, alors que leur profession et leur position morale représente un conflit d’intérêts substantiel.

Ces tactiques ne sont pas limités au débat sur la cigarette électronique. Nous devons être vigilants et reconnaître ces techniques, afin de faire en sorte que les politiques soient fondées sur l’interprétation la plus exacte possibles des preuves scientifiques. La revue Addictions s’efforcera de respecter les normes les plus élevées dans l’examen critique des documents qui nous sont soumis, quels que soient les résultats de ces études.

Robert West

Rédacteur en chef, Addiction

robert.west@ucl.ac.uk